Déchéance du terme : définition, procédure et recours (2026)

Vous venez de recevoir une lettre recommandée de votre banque évoquant la « déchéance du terme » ? Vous avez manqué une ou deux mensualités et redoutez la suite ? Cette clause est la sanction la plus lourde d’un contrat de prêt : la totalité du capital restant dû devient exigible immédiatement, avec à la clé le fichage à la Banque de France puis, pour les propriétaires, le risque de saisie du logement. Rien n’est pourtant joué : tant que la déchéance n’est pas prononcée, l’essentiel des solutions reste ouvert, et même après, des recours existent. Ce guide fait le point, textes de loi et chiffres à l’appui.

Mis à jour le 13 août 2026. Taux et seuils vérifiés sur les publications du trimestre en cours (Banque de France, T3 2026).

L’essentiel. La déchéance du terme est la clause qui autorise un prêteur, en cas d’impayés, à exiger le remboursement immédiat de la totalité du capital restant dû, majoré des intérêts échus et d’une indemnité plafonnée à 7 % des sommes dues pour un crédit immobilier (8 % du capital restant dû pour un crédit à la consommation). Elle ne peut en principe être prononcée qu’après une mise en demeure restée sans effet, sauf clause expresse et non équivoque du contrat (Cour de cassation, 3 juin 2015), et laissant un délai raisonnable à l’emprunteur (Cour de cassation, 22 mars 2023). Conséquences : inscription au FICP (Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers) jusqu’à 5 ans, puis procédure de saisie pour les prêts garantis. Recours : contestation de la procédure, délai de grâce judiciaire jusqu’à 24 mois (article 1343-5 du Code civil), dossier de surendettement. Tant que la déchéance n’est pas prononcée, la régularisation ou un regroupement de crédits restent possibles : c’est la fenêtre d’action à ne pas laisser passer.

Déchéance du terme : définition simple et ce que dit la loi

Dans un contrat de prêt, le « terme » désigne l’échéancier : vous remboursez le capital par mensualités, sur une durée convenue. La déchéance du terme vous fait perdre ce bénéfice de l’étalement : le prêteur exige d’un coup la totalité du capital restant dû.

Ce mécanisme figure dans la quasi-totalité des contrats sous la forme d’une clause d’exigibilité anticipée, encadrée par le Code de la consommation : article L312-39 pour le crédit à la consommation, article L313-51 pour le crédit immobilier. La jurisprudence a toutefois posé des garde-fous stricts : la déchéance ne se prononce ni du jour au lendemain, ni sans formalités.

Bon à savoir. Ne confondez pas déchéance du terme et déchéance du droit aux intérêts : la seconde (articles L341-1 et suivants du Code de la consommation) sanctionne le prêteur fautif, par exemple en cas de TAEG (taux annuel effectif global) erroné ou d’information précontractuelle absente, en le privant de tout ou partie des intérêts.

Qu’est-ce qui déclenche une déchéance du terme ?

Combien de mensualités impayées ?

La loi ne fixe pas de seuil : c’est le contrat qui définit la défaillance. En pratique, les établissements agissent après deux à trois échéances impayées, rarement dès la première. Côté fichage, l’incident de paiement caractérisé, déclaré au FICP, correspond à un arriéré équivalant à deux mensualités consécutives, ou à une mise en demeure restée sans effet pendant 60 jours (arrêté du 26 octobre 2010).

Défaut d’assurance et autres manquements

Le non-paiement des primes d’assurance emprunteur peut entraîner la déchéance, tout comme une fausse déclaration intentionnelle à la souscription (revenus gonflés, crédits dissimulés), un usage des fonds étranger à l’objet du prêt ou la vente du bien hypothéqué sans accord du prêteur.

Crédit à la consommation ou crédit immobilier : les différences

L’indemnité due au prêteur diffère : au plus 8 % du capital restant dû en crédit à la consommation (article D312-16), au plus 7 % des sommes dues en crédit immobilier (article R313-28). Précision utile : une opération de regroupement de crédits garantie par une hypothèque relève du régime du crédit immobilier (articles L313-1 et L314-12 du Code de la consommation), de même que toute opération mixte dont la part de crédits immobiliers dépasse 60 % du montant total (articles L314-11 et R314-18).

Emprunteuse organisant ses documents de prêt et sa mise en demeure avant de réagir à la déchéance du terme

La procédure étape par étape : de l’impayé à la saisie

Entre le premier impayé et une vente forcée s’écoulent généralement 18 à 30 mois, jalonnés d’étapes obligatoires, et chacune est une occasion d’agir.

  1. Jour 0 : premier impayé. Frais de rejet, relances simples : la situation reste réversible.
  2. Vers 30 à 60 jours : deuxième impayé. La banque peut vous déclarer au FICP, après un courrier préalable laissant 30 jours pour régulariser.
  3. Mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Obligatoire avant toute déchéance, sauf clause expresse et non équivoque du contrat dispensant le prêteur de cette formalité (Cour de cassation, 1re chambre civile, 3 juin 2015, n° 14-15.655), une dispense dont la validité est aujourd’hui fragilisée par la jurisprudence sur les clauses abusives.
  4. Préavis « raisonnable ». Un préavis de l’ordre de 8 jours a été jugé insuffisant (Cour de cassation, 22 mars 2023, n° 21-16.044).
  5. Prononcé de la déchéance. Capital restant dû, intérêts échus et indemnité deviennent exigibles. La fenêtre du regroupement de crédits se referme ici.
  6. Commandement de payer. Pour un prêt hypothécaire, un commissaire de justice (ex-huissier) signifie un commandement valant saisie.
  7. Audience d’orientation. Le juge de l’exécution vérifie la créance et autorise la vente amiable (environ 4 mois, signature devant notaire) ou la vente forcée.
  8. Adjudication. Vente aux enchères, souvent 12 à 24 mois après la déchéance, à un prix souvent inférieur au marché.

Combien coûte une déchéance du terme : exemple chiffré

Prenons un crédit immobilier avec un capital restant dû de 150 000 € et trois échéances impayées de 950 € :

Poste exigibleMontant
Capital restant dû150 000 €
Échéances impayées (3 × 950 €)2 850 €
Indemnité de 7 % (capital restant dû + intérêts échus, art. R313-28)≈ 10 600 €
Total immédiatement exigible≈ 163 450 €

Précision de calcul : l’indemnité de l’article R313-28 s’applique au capital restant dû majoré des intérêts échus non versés : la part de capital contenue dans les échéances impayées, déjà comprise dans le capital restant dû, n’est pas comptée deux fois. S’y ajoutent des intérêts de retard au taux du prêt jusqu’au remboursement effectif, puis les frais de procédure : la déchéance renchérit une dette déjà impayable par mensualités.

Les conséquences en cascade : FICP, saisie, caution, assurance

L’inscription au FICP

Le FICP, tenu par la Banque de France sous le contrôle de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) depuis la loi Neiertz de 1989, est consulté par tout prêteur avant d’accorder un crédit (loi Lagarde de 2010). L’inscription pour incident de paiement dure au maximum 5 ans, radiée par anticipation en cas de régularisation intégrale ; la banque a alors 4 jours ouvrés pour demander la levée. Tant qu’elle court, l’accès au crédit régulé est quasi fermé, un regroupement de crédits étant lui-même un nouveau crédit : aucun établissement sérieux ne garantit un accord à une personne fichée (voir notre page rachat de crédits et FICP).

L’activation des garanties

Si le prêt est hypothécaire, la déchéance ouvre la voie à la saisie immobilière. Si la garantie est une caution professionnelle (sociétés de caution mutuelle du type Crédit Logement), celle-ci paie la banque… puis se retourne contre vous : la dette change simplement de créancier.

La caution personne physique et le co-emprunteur

La déchéance est opposable au co-emprunteur, tenu solidairement de la totalité de la dette, et la banque peut poursuivre la caution personne physique, souvent un parent, à associer très tôt à la recherche de solution.

Que devient l’assurance emprunteur ?

La déchéance du terme met fin au contrat de crédit, dont l’assurance emprunteur est l’accessoire : les garanties (décès, invalidité, incapacité de travail) cessent en principe de produire leurs effets pour l’avenir, alors que la dette, elle, subsiste. Deux précisions importantes : un sinistre survenu avant la déchéance reste couvert et doit être déclaré sans tarder : la prise en charge des échéances par l’assureur peut même faire obstacle à la défaillance ; et les primes restées impayées demeurent dues. Si vos difficultés proviennent d’un arrêt de travail ou d’une invalidité, activez la garantie avant que la banque ne prononce la déchéance : c’est souvent la voie la plus directe pour régulariser.

Vous venez de recevoir la lettre : les 5 réflexes sous 15 jours

  1. N’ignorez pas le courrier. Datez sa réception : les délais de préavis et de contestation courent à partir de là.
  2. Vérifiez la régularité de la procédure. Mise en demeure préalable ? Délai raisonnable ? Montant exact réclamé ?
  3. Rassemblez vos pièces. Contrat de prêt et sa clause d’exigibilité anticipée, tableau d’amortissement, décomptes, relevés.
  4. Chiffrez votre capacité de régularisation. Solder l’arriéré avant le prononcé stoppe net la procédure.
  5. Faites-vous accompagner sans attendre. Point Conseil Budget (gratuit, labellisé par l’État), avocat pour contester, ou courtier en regroupement de crédits si votre situation est finançable.

La trame d’une réponse efficace à la banque (à adresser en LRAR, en conservant une copie de tout) :

  1. Accusez réception du courrier en rappelant les références du prêt et la date de réception.
  2. Demandez un décompte détaillé des sommes réclamées (capital, intérêts, indemnités) et la copie de la mise en demeure si vous ne l’avez pas reçue.
  3. Contestez, le cas échéant, les irrégularités constatées : absence de mise en demeure, délai insuffisant, montant erroné.
  4. Proposez un plan de régularisation daté et chiffré, appuyé sur vos justificatifs de revenus.
  5. Sollicitez la suspension des poursuites pendant l’examen de votre proposition.

4 questions à vous poser avant de choisir votre solution

  • La déchéance a-t-elle été prononcée, ou en êtes-vous au stade de la mise en demeure ?
  • Êtes-vous propriétaire d’un bien dont la valeur dépasse nettement vos dettes ?
  • Votre difficulté est-elle passagère ou structurelle ?
  • Êtes-vous déjà inscrit au FICP ?

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Peut-on contester ou annuler une déchéance du terme ?

Oui, dans plusieurs situations identifiées par la jurisprudence :

  • Mise en demeure absente ou irrégulière. Sans mise en demeure préalable précisant le délai accordé, la déchéance est privée d’effet, sauf si une clause expresse et non équivoque du contrat en dispense le prêteur (Cour de cassation, 3 juin 2015), une dispense que la jurisprudence récente sur les clauses abusives fragilise fortement.
  • Préavis trop court. Depuis l’arrêt du 22 mars 2023, le délai laissé doit être « raisonnable » : les préavis expéditifs sont censurés.
  • Clause abusive. Depuis l’arrêt Banco Primus de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE, 26 janvier 2017, C-421/14), le juge vérifie si la clause crée un déséquilibre significatif (article L212-1 du Code de la consommation) : par exemple une déchéance automatique dès le premier impayé, un cas plusieurs fois relevé par la Commission des clauses abusives ; une clause abusive est réputée non écrite (article L241-1).
  • Prescription de 2 ans. L’action du prêteur professionnel contre un consommateur se prescrit par deux ans (article L218-2).
  • Délai de grâce judiciaire. L’article 1343-5 du Code civil permet au juge de reporter ou d’échelonner le paiement dans la limite de 24 mois, le temps de vendre ou de refinancer. Pour un crédit immobilier, l’article L313-12 du Code de la consommation autorise en outre la suspension judiciaire des obligations de l’emprunteur, notamment en cas de licenciement.
  • Dossier de surendettement. Dès la recevabilité prononcée par la commission de surendettement de la Banque de France, les procédures d’exécution sont suspendues (hors dettes alimentaires) : une saisie en cours peut être gelée.
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Les solutions pour s’en sortir : avantages et limites

Le bon choix dépend de trois critères : la déchéance est-elle prononcée, êtes-vous propriétaire, êtes-vous fiché au FICP.

SolutionPour quiConditions clésLimites
Régularisation amiableArriéré limité, difficulté passagèreSolder les impayés avant le prononcéSuppose une rentrée d’argent rapide
Rachat de crédits hypothécairePropriétaire, déchéance non prononcée, non fichéFinancement usuel de 70 à 80 % de la valeur du bien, endettement soutenable après opérationFrais de garantie de 1,5 à 2 %, durée allongée donc coût total accru, saisie possible en cas de nouvelle défaillance
Trésorerie hypothécairePropriétaire non fiché ayant besoin de liquidités pour solder l’arriéréPrêt garanti par le bien, adossé à sa valeur, sans regrouper nécessairement tous les créditsNouvelle garantie sur le bien, frais d’hypothèque, réservée aux situations finançables
Vente à réméré (art. 1659 du Code civil)Propriétaire fiché ou déchéance prononcéeVente temporaire avec faculté de rachat sous 5 ans maximumDécote sur le prix, indemnité d’occupation, rachat à réussir
Vente amiable du bienPropriétaire, dette trop lourdeVendre avant l’adjudication, au prix du marché, signature devant notairePerte du logement, mais dette soldée à de meilleures conditions qu’aux enchères
Procédure de surendettementSituation insoutenable, fiché ou nonBonne foi, dossier gratuit auprès de la Banque de FranceInscription FICP jusqu’à 7 ans selon les mesures

Le surendettement n’a rien de marginal : 148 013 dossiers déposés en 2025 (+9,8 % sur un an) selon la Banque de France, plus de la moitié des dossiers clos aboutissant à un effacement total ou partiel. C’est une protection légale, pas un échec personnel.

Le cas de Nadia : refinancer avant le prononcé

Nadia, 48 ans, infirmière libérale à Dijon, est propriétaire d’une maison estimée 240 000 €. Après une baisse d’activité, elle a laissé passer deux mensualités et reçu une mise en demeure. Ses dettes : 110 000 € de capital restant dû sur son prêt immobilier (980 €/mois) et 28 000 € de crédits à la consommation (620 €/mois). Déchéance non prononcée, pas de fichage : un regroupement hypothécaire de 145 000 € (capitaux restants, arriérés et frais inclus) est monté sur 300 mois au taux nominal de 4,49 %, taux d’appel des barèmes hypothécaires publics d’avril 2026. La part immobilière de l’opération dépassant 60 %, elle relève du régime du crédit immobilier : son TAEG, frais et garantie compris, doit rester sous le plafond d’usure de 5,29 % (immobilier à taux fixe de 20 ans et plus, T3 2026).

Situation de NadiaAvantAprès regroupement
Nombre de crédits3 (+ arriérés)1
Mensualité totale1 600 €≈ 805 €
DuréeVariable selon les prêts300 mois
Allègement mensuel≈ 795 €/mois

Soyons transparents : en rallongeant la durée, Nadia augmente le coût total de son crédit (environ 241 500 € remboursés sur 25 ans, hors assurance), la nouvelle hypothèque maintient un risque de saisie en cas de défaillance future, et la mainlevée de l’ancienne hypothèque coûte de 500 à 800 €. Mais elle sort de la zone de danger et évite le fichage. Repère d’août 2026, tel que constaté sur les barèmes publics des courtiers : environ 4,38 % en rachat immobilier et 6,26 % en rachat de crédits à la consommation, sous les plafonds d’usure de la Banque de France (8,56 % au-delà de 6 000 € en crédit à la consommation, 5,29 % en immobilier à taux fixe de 20 ans et plus ; voir notre historique des taux d’usure).

Signaux d’alarme. Méfiez-vous des promesses « rachat garanti même fiché FICP » : aucun acteur régulé ne peut garantir un accord, et ces pratiques sont sanctionnées par l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) et la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Un intermédiaire ne peut exiger aucun versement avant le déblocage effectif des fonds (article L519-6 du Code monétaire et financier). Vérifiez l’immatriculation de votre interlocuteur au registre de l’ORIAS.

Comment éviter d’en arriver là

La déchéance du terme se joue en amont. Dès le premier impayé, plusieurs leviers existent : report ou modulation d’échéances si votre contrat le prévoit, accompagnement budgétaire, ou restructuration de vos dettes par un regroupement : rachat de crédits à la consommation ou opération hypothécaire. Chez C-rédit, la simulation et l’étude de faisabilité sont gratuites et sans engagement, réalisées sous 24 h, entièrement en ligne ; les honoraires de courtage, encadrés et annoncés dès le départ, ne sont dus que si vous acceptez une offre. Échanger avec un conseiller avant la mise en demeure, c’est conserver toutes les options.

Ce qu’il faut retenir

  • La déchéance du terme rend immédiatement exigible la totalité du capital restant dû, plus intérêts échus et indemnité (7 % en immobilier, 8 % en crédit à la consommation).
  • Elle exige en principe une mise en demeure préalable avec un délai raisonnable, sauf clause expresse et non équivoque du contrat (Cour de cassation, 2015 et 2023).
  • Deux mensualités consécutives impayées caractérisent l’incident déclaré au FICP ; inscription jusqu’à 5 ans, radiée en cas de régularisation totale.
  • De l’impayé à l’adjudication : 18 à 30 mois en général : chaque étape est une occasion d’agir.
  • Le juge peut accorder jusqu’à 24 mois de délai de grâce (article 1343-5 du Code civil) ; la recevabilité d’un dossier de surendettement suspend les saisies.
  • Le regroupement de crédits n’est possible qu’avant le prononcé et hors fichage : une fenêtre d’action, pas une option permanente.
  • Après déchéance : délais de grâce, vente à réméré, vente amiable ou surendettement.

La déchéance du terme est un compte à rebours : plus vous agissez tôt, plus l’éventail de solutions est large. Un regroupement de crédits peut réduire le montant de vos mensualités, mais il entraîne un allongement de la durée de remboursement et une majoration du coût total du crédit : un arbitrage à mener avec des chiffres précis, pas dans l’urgence d’une saisie.

FAQ : vos questions sur la déchéance du terme

Comment annuler une déchéance du terme ?

Une déchéance prononcée ne s’« annule » que par le juge : mise en demeure absente ou irrégulière, préavis déraisonnable, clause abusive (jurisprudence Banco Primus) ou action prescrite (2 ans, article L218-2). En parallèle, une régularisation négociée ou un délai de grâce de l’article 1343-5 du Code civil peuvent en neutraliser les effets. Consultez rapidement un avocat.

Combien de mensualités impayées avant la déchéance du terme ?

Aucun texte ne fixe de seuil : le contrat définit la défaillance, et la plupart des banques agissent après deux à trois échéances impayées, précédées d’une mise en demeure (sauf clause contractuelle expresse en dispensant le prêteur). Côté fichage, un arriéré équivalant à deux mensualités consécutives caractérise l’incident déclaré au FICP (arrêté du 26 octobre 2010).

La mise en demeure est-elle obligatoire avant la déchéance du terme ?

En principe oui : la déchéance ne peut être acquise sans une mise en demeure restée sans effet, précisant le délai laissé à l’emprunteur pour y faire obstacle. Une exception existe si le contrat contient une clause expresse et non équivoque dispensant le prêteur de cette formalité (Cour de cassation, 3 juin 2015), mais la validité de telles clauses est aujourd’hui fragilisée par la jurisprudence sur les clauses abusives et l’exigence d’un délai raisonnable (Cour de cassation, 22 mars 2023).

Quel délai entre la déchéance du terme et la saisie du bien ?

Pour un prêt hypothécaire, comptez généralement 12 à 24 mois entre le prononcé et l’adjudication : commandement de payer, audience d’orientation, éventuelle vente amiable, puis vente forcée. Ce délai laisse le temps d’organiser une vente au prix du marché ou de déposer un dossier de surendettement, dont la recevabilité suspend les poursuites.

Quelle différence entre mise en demeure et déchéance du terme ?

La mise en demeure est un avertissement formel : elle somme de régulariser l’arriéré (seul dû à ce stade) dans un délai donné. La déchéance du terme est la sanction qui suit en l’absence de régularisation : la totalité du capital restant dû devient exigible. Entre les deux se situe votre meilleure fenêtre d’action.

Comment répondre à la lettre de déchéance du terme de la banque ?

Répondez par lettre recommandée avec accusé de réception : accusez réception en rappelant les références du prêt, demandez un décompte détaillé des sommes réclamées, contestez le cas échéant les irrégularités (absence de mise en demeure, délai insuffisant, montant erroné), proposez un plan de régularisation daté et chiffré, et sollicitez la suspension des poursuites pendant son examen. Conservez une copie de chaque échange et faites-vous assister si nécessaire (Point Conseil Budget, avocat).

La déchéance du terme s’applique-t-elle à la caution et au co-emprunteur ?

Oui. Le co-emprunteur est tenu solidairement de la totalité de la dette devenue exigible, et la banque peut poursuivre la caution personne physique (souvent un proche) pour l’intégralité des sommes dues. Si la garantie est une caution professionnelle (type Crédit Logement), celle-ci paie la banque puis se retourne contre l’emprunteur. Associez la caution très tôt à la recherche de solution.

Comment obtenir un délai de grâce auprès du juge ?

Saisissez le juge compétent (juge des contentieux de la protection ou juge de l’exécution selon le stade de la procédure) en démontrant votre bonne foi et une perspective de retour à meilleure fortune : l’article 1343-5 du Code civil lui permet de reporter ou d’échelonner le paiement dans la limite de 24 mois. Pour un crédit immobilier, l’article L313-12 du Code de la consommation autorise en outre la suspension des obligations de l’emprunteur, notamment après un licenciement.

Que devient l’assurance emprunteur après la déchéance du terme ?

L’assurance emprunteur est l’accessoire du crédit : après la déchéance, ses garanties cessent en principe de couvrir l’avenir, alors que la dette subsiste. Un sinistre survenu avant le prononcé (décès, invalidité, incapacité) reste en revanche couvert et doit être déclaré sans tarder : la prise en charge des échéances par l’assureur peut même permettre de régulariser avant que la déchéance ne soit acquise.

Peut-on obtenir un rachat de crédits après une déchéance du terme ?

C’est très difficile : la déchéance s’accompagne en principe d’une inscription au FICP, et un rachat de crédits est juridiquement un nouveau crédit, refusé aux personnes fichées par les prêteurs régulés. Restent la vente à réméré pour un propriétaire, la vente amiable ou le surendettement, d’où l’importance d’engager le regroupement avant le prononcé.

Comment sortir du FICP après une déchéance du terme ?

Trois voies : rembourser intégralement les sommes dues (la banque demande alors la radiation sous 4 jours ouvrés), attendre l’expiration du délai d’inscription (5 ans pour un incident, jusqu’à 7 ans en cas de mesures de surendettement), ou mener à terme un plan de surendettement. Votre situation se vérifie gratuitement auprès de la Banque de France, en ligne ou en agence.

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Tant que la déchéance n’est pas prononcée, le regroupement de crédits reste ouvert. Étude sous 24 h, sans engagement.

Le regroupement de crédits peut allonger la durée de remboursement et augmenter le coût total du crédit (article R.314-20 du Code de la consommation).

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Mathieu Morel, courtier en rachat de crédit

Rédigé et vérifié par Mathieu Morel

Courtier en opérations de banque et en services de paiement (COBSP), immatriculé à l'ORIAS sous le n° 24002547 et contrôlé par l'ACPR. Fondateur de C-rédit, cabinet de courtage 100 % en ligne basé dans la métropole de Nancy.

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