
Rachat de crédit indépendant : profession libérale, artisan, auto-entrepreneur
Votre activité tourne, mais vos crédits personnels pèsent de plus en plus lourd sur votre budget ? On vous a fait comprendre qu’un revenu d’indépendant « ne se lit pas comme un salaire » ? Un regroupement reste-t-il accessible quand on est micro-entrepreneur, artisan, commerçant, profession libérale ou gérant de société ?
La réponse est oui : le rachat de crédit indépendant existe et des prêteurs l’étudient, avec une analyse plus exigeante qu’avec un salarié. Voici, statut par statut, le revenu retenu, les conditions regardées, le sort de vos prêts professionnels et le poids d’un bien immobilier, avec trois cas chiffrés.
L’essentiel (chiffres à jour au 27 octobre 2026)
Un indépendant peut faire racheter ses crédits personnels s’il justifie d’une ancienneté suffisante, qui varie selon les prêteurs : dès 1 an chez certains pour une micro-entreprise (2 ans chez la plupart), 2 ans en profession libérale, 3 à 5 ans au régime réel ou en société. Le revenu retenu est la moyenne des 2 ou 3 derniers exercices ou avis d’imposition, et souvent l’année la plus faible si la dernière est en baisse. Pour un micro-entrepreneur, c’est le chiffre d’affaires après abattement fiscal de 71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité. Sans garantie, le TAEG (taux annuel effectif global) reste plafonné par le taux d’usure, soit 8,56 % pour la plupart des regroupements de crédits à la consommation au 4e trimestre 2026 (Banque de France). Un indépendant propriétaire a davantage de solutions grâce au rachat hypothécaire, plafonné par l’usure applicable à la destination des fonds (usure immobilière, par exemple 5,40 % à 20 ans et plus, ou 8,56 % pour un projet de consommation). Les prêts professionnels restent en général hors du périmètre, sauf exceptions en hypothécaire.
Rachat de crédit indépendant : quels statuts ?
Le terme « indépendant » recouvre des situations fiscales et sociales très différentes. Les prêteurs ne raisonnent pas en métier mais en mode de déclaration des revenus, parce que c’est lui qui détermine les pièces disponibles et le revenu qu’ils peuvent retenir. Six profils reviennent dans les dossiers :
Micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) en bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou non commerciaux (BNC), qui déclare son chiffre d’affaires à l’URSSAF
Artisan ou commerçant en entreprise individuelle au régime réel, avec bilan et liasse fiscale (déclaration 2031 accompagnée des annexes 2033 au régime simplifié ou 2050 au réel normal)
Profession libérale (santé, droit, conseil) déclarant ses bénéfices sur la 2035
Gérant majoritaire de SARL ou d’EURL, travailleur non salarié (TNS)
Président de SAS ou SASU, ou gérant minoritaire, assimilé salarié
Salarié avec une activité complémentaire en micro-entreprise
Les règles générales figurent dans notre page sur les conditions d’éligibilité au rachat de crédit ; voyons ce qui change pour un revenu non salarié.
Pourquoi un dossier d’indépendant est plus exigeant
Un regroupement de crédits se rembourse souvent sur 8, 12, voire 20 ans. Le prêteur part donc du principe que votre situation actuelle se maintiendra sur toute cette durée. Pour un indépendant, le revenu varie d’une année sur l’autre et dépend de la conjoncture : l’inflation est remontée à 3,1 % sur un an en septembre 2026 selon l’Insee et la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux deux fois cette année, ce qui pèse sur les marges des petites entreprises.
Les barèmes intègrent donc des marges de sécurité : revenu lissé sur plusieurs années, prise en compte de l’année la plus basse, vigilance sur certains secteurs. C’est une méthode pour vérifier le reste à vivre dans la durée, et un dossier aux chiffres expliqués lève une bonne partie de ces réserves.
Revenus retenus d’un indépendant : le calcul
Quel montant mensuel le prêteur inscrit-il dans la case « revenus » pour calculer votre taux d’endettement ? La règle commune est la moyenne des 2 ou 3 derniers exercices ou avis d’imposition, appliquée différemment selon le statut.
Auto-entrepreneur (micro-entreprise) : chiffre d’affaires moins abattement forfaitaire
Le prêteur retient en général le revenu imposable, c’est-à-dire le chiffre d’affaires diminué de l’abattement forfaitaire prévu par le Code général des impôts (articles 50-0 et 102 ter) : 71 % pour la vente de marchandises et l’hébergement (hors meublés de tourisme, soumis à des règles propres), 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC), 34 % pour les activités libérales (BNC), avec un abattement minimum de 305 €. Le régime de la micro-entreprise reste applicable tant que le chiffre d’affaires hors taxes ne dépasse pas 203 100 € pour la vente ou 83 600 € pour les prestations de services ; il n’est perdu qu’après deux années consécutives de dépassement (seuils publiés par Entreprendre.service-public.fr).
Exemple : Léa, graphiste en micro-entreprise BNC à Bordeaux, déclare en moyenne 52 000 € de chiffre d’affaires. Après l’abattement de 34 %, son revenu retenu est de 34 320 € par an, soit 2 860 € par mois. Certains prêteurs demandent en plus un justificatif comptable, et pas seulement les déclarations de chiffre d’affaires faites à l’URSSAF.
Artisan, commerçant ou profession libérale au régime réel : le résultat fiscal moyen
Pour un artisan, un commerçant ou une profession libérale au régime réel, le revenu retenu est le bénéfice fiscal figurant sur la déclaration de résultats (2031 avec ses annexes 2033 ou 2050 en BIC, 2035 en BNC) et reporté sur l’avis d’imposition. Si la dernière année est en baisse, beaucoup de prêteurs retiennent la plus faible des années étudiées. Une baisse continue sur 3 ans peut être éliminatoire.
Gérant de société : rémunération, dividendes et santé de l’entreprise
Pour un gérant de SARL, d’EURL ou un président de SAS, la base est la rémunération de dirigeant déclarée sur les avis d’imposition. Les dividendes sont rarement retenus, ou seulement s’ils sont versés de façon stable depuis plusieurs années. Le prêteur regarde aussi la santé de la société : bilans, résultat, capitaux propres, parfois la cotation de l’entreprise.
Tableau récapitulatif par statut
| Statut | Recul généralement demandé | Revenu retenu | Pièces clés |
|---|---|---|---|
| Micro-entrepreneur BIC ou BNC | 1 an chez certains prêteurs, 2 ans le plus souvent | Chiffre d’affaires après abattement (71 %, 50 % ou 34 %), moyenne sur 2 ou 3 ans | Déclarations URSSAF, avis d’imposition, parfois justificatif comptable |
| Entreprise individuelle au régime réel (artisan, commerçant) | 3 à 4 ans selon les prêteurs | Bénéfice fiscal moyen, ou année la plus faible | Liasses fiscales (2031 et annexes 2033 ou 2050), bilans, avis d’imposition |
| Profession libérale | 2 ans minimum | Bénéfice BNC moyen | Déclarations 2035, avis d’imposition |
| Gérant majoritaire SARL ou EURL (TNS) | 3 à 5 ans selon les prêteurs | Rémunération de gérant ; dividendes rarement | Bilans de la société, avis d’imposition, Kbis |
| Président de SAS ou gérant minoritaire | 3 à 5 ans selon les prêteurs | Rémunération ; santé de la société examinée | Bulletins ou attestation de rémunération, bilans, Kbis |
| Salarié avec micro-entreprise complémentaire | Selon l’emploi salarié | Souvent le seul salaire | Bulletins de paie, avis d’imposition |
Conditions d’éligibilité pour un indépendant
Ancienneté d’activité. Selon les prêteurs, une micro-entreprise peut être étudiée dès 1 an d’activité chez certains prêteurs, 2 ans chez la plupart ; une profession libérale à partir de 2 ans ; un indépendant au régime réel ou un gérant à partir de 3 ans, et jusqu’à 4 ou 5 ans chez certains prêteurs. Avec un seul exercice, le prêteur dispose de peu de recul : un chiffre d’affaires régulier mois après mois et des comptes bien tenus pèsent d’autant plus.
Régularité des revenus et endettement. Le seuil de 35 % de taux d’effort fixé par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) concerne le crédit immobilier, donc le rachat hypothécaire. Pour un regroupement de crédits à la consommation, les prêteurs s’en servent comme simple repère et regardent surtout le reste à vivre en euros.
Tenue des comptes. Les relevés personnels et professionnels sont lus sur les derniers mois : pas de rejets, découvert maîtrisé et surtout séparation nette entre comptes professionnels et personnels.
Secteur d’activité. Une partie des prêteurs exclut ou place sous vigilance l’hôtellerie, les cafés, la restauration et l’événementiel, parfois le transport, les marchands de biens et la promotion immobilière. Le nombre de prêteurs à solliciter se réduit : c’est là qu’un courtier en rachat de crédit fait gagner du temps.
Rachat de crédit après une baisse d’activité : défendre votre dossier
Une année en creux (chantier perdu, arrêt maladie, secteur en ralentissement, crise sanitaire) ne ferme pas la porte à un regroupement, mais elle pèse sur le revenu retenu si le prêteur prend l’année la plus faible. L’enjeu est de montrer qu’il s’agit d’un accident et non d’une tendance.
- Expliquer la baisse par écrit, avec sa cause et sa durée : perte d’un client identifié, travaux dans le local, congé maternité.
- Prouver la reprise avec une situation comptable intermédiaire ou un bilan provisoire de l’année en cours.
- Chiffrer la suite avec un prévisionnel signé par l’expert-comptable, appuyé sur un carnet de commandes ou des contrats signés.
- Attendre le prochain bilan quand il est imminent et meilleur : quelques semaines peuvent changer la moyenne retenue.
Bon à savoir. Votre expert-comptable peut vous aider à documenter le dossier. Une attestation de chiffre d’affaires, une situation comptable de l’année en cours ou un prévisionnel signé permettent d’expliquer une année en creux et de montrer que l’activité est repartie.
Sans garantie ou hypothécaire : le rôle du patrimoine
Pour un indépendant, la frontière la plus importante n’est pas le statut mais le fait d’être propriétaire ou non.
Sans garantie, le regroupement relève en principe du crédit à la consommation (notre offre de rachat de crédit à la consommation), sauf si les crédits immobiliers repris représentent au moins 60 % de l’opération : le régime du crédit immobilier s’applique alors (article R314-18 du Code de la consommation). Dans le cadre du crédit à la consommation, vous disposez d’un délai de rétractation de 14 jours et le TAEG (qui inclut les intérêts, les frais et l’assurance lorsqu’elle est exigée pour obtenir le crédit) est plafonné par le taux d’usure, de 8,56 % pour la plupart des regroupements au 4e trimestre 2026 (voir notre historique des taux d’usure). Plusieurs prêteurs ne retiennent pas les revenus non salariés dans ce cadre, professions libérales exceptées. Être propriétaire change donc tout pour un indépendant : un indépendant locataire essuie en général un refus.
Avec une garantie hypothécaire sur un bien d’habitation, l’opération relève en principe du régime du crédit immobilier (Code de la consommation, article L313-1). Le rachat de crédit hypothécaire ouvre des durées plus longues et des montants plus élevés, avec un délai de réflexion de 10 jours. Le plafond d’usure retenu dépend de la destination des fonds : usure immobilière de la durée (4,09 % sous 10 ans, 4,68 % de 10 à 20 ans, 5,40 % à 20 ans et plus) pour un regroupement à dominante immobilière ou des travaux, usure du crédit à la consommation (8,56 %) pour un projet de consommation. Au-delà d’un certain montant, certains prêteurs exigent d’ailleurs que l’emprunteur soit propriétaire. Nos solutions pour propriétaires sont regroupées sur la page crédit patrimoine.
| Critère | Sans garantie | Avec garantie hypothécaire (propriétaire) |
|---|---|---|
| Régime juridique | Crédit à la consommation (sans prêt immobilier repris) | Crédit immobilier (garantie sur un bien d’habitation) |
| Plafond de TAEG (T4 2026) | 8,56 % pour la plupart des regroupements | Selon la destination des fonds : 4,09 % à 5,40 % selon la durée (projet immobilier, regroupement à dominante immobilière) ; 8,56 % (projet de consommation) |
| Revenus non salariés retenus | Chez une partie des prêteurs seulement | Chez la plupart des prêteurs spécialisés |
| Délai légal | Rétractation de 14 jours | Réflexion de 10 jours, acceptation au 11e jour |
| Frais spécifiques | Frais de dossier selon le prêteur | Frais de garantie chez le notaire, frais de dossier en pourcentage, parfois plafonnés en montant |
| Mise en place | Selon le prêteur et le dossier | Environ 6 semaines |
En hypothécaire, les taux indicatifs dépendent de la destination des fonds et de la durée. Sur des durées longues (20 ans et plus), comptez environ 4,85 % pour un regroupement à dominante immobilière et 4,80 % pour des travaux, le TAEG, frais compris, devant rester sous l’usure immobilière de la durée (5,40 % à 20 ans et plus, 4,68 % de 10 à 20 ans, 4,09 % sous 10 ans). Pour un projet de consommation (donation, loisirs, véhicule), le taux indicatif se situe autour de 5,75 %, sous le plafond de 8,56 % applicable à cette destination. La garantie porte sur le bien : l’engagement doit donc être mesuré à la hauteur du besoin réel. Pour un besoin de liquidités, la trésorerie hypothécaire peut être étudiée en même temps.
Sans bien immobilier : un dossier rarement accepté
Soyons clairs : un indépendant locataire qui demande un rachat de crédit sur ses seuls revenus non salariés essuie en général un refus. Un garant (caution d’un proche) ou un nantissement d’assurance-vie ne suffisent pas à débloquer ce type de dossier. Le seul cas qui peut s’étudier est celui d’un co-emprunteur salarié en contrat à durée indéterminée (CDI) ou fonctionnaire, dont les revenus réguliers portent l’essentiel du dossier. Si vous êtes propriétaire, c’est votre bien qui ouvre les vraies solutions.
Bien détenu en SCI ou par votre société
Un bien détenu au travers d’une société civile immobilière (SCI) familiale peut parfois servir de garantie, avec l’accord des associés et selon le prêteur. Un bien appartenant à votre société d’exploitation se prête beaucoup plus rarement à un regroupement de crédits personnels. Ces montages s’étudient au cas par cas.
Quels crédits regrouper quand on est indépendant ?
Les crédits personnels regroupables
Le rachat de crédit pour particuliers porte sur vos crédits personnels, souscrits à votre nom :
Les crédits à la consommation : prêts personnels, crédits auto, prêts travaux
Les crédits renouvelables, souvent les plus chers
Le prêt immobilier de la résidence principale ou d’un bien locatif
Les découverts bancaires personnels et certaines dettes du foyer
Rachat de crédit professionnel : prêts et dettes pro repris ?
Les dettes de l’entreprise suivent d’autres règles.
- Sans garantie : les prêts et dettes professionnels ne sont en général pas rachetables.
- En hypothécaire : certains prêteurs peuvent reprendre des encours professionnels ou des dettes URSSAF, sous conditions et après analyse.
- Prêt garanti par l’État (PGE) : bloquant chez certains prêteurs, repris dans un montage hypothécaire professionnel chez d’autres.
- Dettes fiscales envers la Direction générale des finances publiques (DGFiP) : elles doivent être déclarées ; leur reprise dépend du prêteur et de la garantie.
En revanche, un prêt professionnel prélevé sur un compte professionnel distinct n’est souvent pas compté dans votre endettement personnel. À noter enfin que les découverts professionnels relèvent d’une catégorie d’usure distincte, fixée à 19,08 % par la Banque de France au 4e trimestre 2026.
Exemples chiffrés de rachat de crédit indépendant
Trois situations fréquentes, chiffrées avec la formule standard d’amortissement. Le TAEG est calculé sur les sommes réellement reprises, frais compris : il reste sous le taux d’usure applicable.
Léa, 36 ans
Graphiste micro-entrepreneuse (BNC, 4 ans d’activité), propriétaire de son appartement à Bordeaux avec son conjoint salarié en CDI, besoin de 4 000 € pour des travaux
Avant le rachat
- Crédit auto : 12 400 € à 4,90 %
- Prêt personnel : 8 900 € à 5,90 %
- Crédit renouvelable : 5 200 € à 14,90 %
- Mensualités : 743 €/mois, prêt immobilier 820 € conservé
- Endettement : 31,5 % des revenus retenus
Montage
- Sans garantie sur 84 mois, conjoint co-emprunteur
- Crédits repris + trésorerie : 30 500 €
- Montant financé : 32 000 € frais compris
- Taux nominal : 6,20 %
- TAEG : environ 8,0 % (usure 8,56 %)
Résultat
- Mensualité unique : 470,55 €
- Trésorerie travaux : 4 000 €
- Endettement : 26,0 %
- Coût du crédit : environ 9 000 €
Exemple illustratif, chiffres arrondis. Mensualité hors assurance, calculée au taux nominal indiqué ; frais de dossier, honoraires et indemnités de remboursement anticipé inclus dans le montant financé et dans le TAEG.
Propriétaire et accompagnée d’un co-emprunteur salarié, Léa peut être présentée sans garantie hypothécaire : son prêt immobilier reste en place et seuls les crédits à la consommation sont regroupés, avec une enveloppe de trésorerie pour ses travaux. Elle allège ses charges de 272 € par mois, contre environ 9 000 € d’intérêts et de frais sur 7 ans.
Nadia, 38 ans
Kinésithérapeute libérale depuis 7 ans, propriétaire d’une maison près de Clermont-Ferrand estimée 260 000 €, projet de rénovation énergétique
Avant le rachat
- Bénéfices : 46 800, 45 600 puis 43 200 €
- Revenu retenu (année la plus faible) : 3 600 €/mois
- Prêt immobilier : 92 000 € restants, 720 €/mois
- 3 crédits dont un renouvelable : 24 000 €, 790 €/mois
- Endettement : 41,9 %
Montage
- Hypothécaire à dominante immobilière sur 20 ans
- Crédits repris + trésorerie travaux : 134 000 €
- Montant financé : 139 000 € frais compris
- Taux nominal : 4,65 %
- TAEG : environ 5,2 % (usure 5,40 %)
Résultat
- Mensualité unique : 890,68 €
- Trésorerie travaux : 18 000 €
- Endettement : 24,7 %
- Fin de prêt à 58 ans
Exemple illustratif, chiffres arrondis. Mensualité hors assurance, calculée au taux nominal indiqué ; frais de dossier, honoraires et indemnités de remboursement anticipé inclus dans le montant financé et dans le TAEG.
Malgré des bénéfices en léger recul, la maison de Nadia permet un montage hypothécaire qui regroupe son prêt immobilier, ses crédits à la consommation et finance ses travaux. Sa mensualité baisse de 619 €, mais le remboursement s’étale sur 20 ans : le coût total, environ 79 800 € d’intérêts et de frais, est à mettre en balance avec le besoin réel.
Thierry, 52 ans
Gérant majoritaire d’une SARL de plomberie depuis 11 ans, propriétaire près de Rennes, conjointe salariée
Avant le rachat
- Prêt immobilier : 118 000 € restants à 3,40 %
- Auto, prêt personnel, renouvelable : 28 000 €
- Mensualités : 1 710 €/mois
- Endettement : 34,2 %
- Revenus du foyer : 5 000 €/mois, maison estimée 320 000 €
Montage
- Hypothécaire à dominante immobilière sur 20 ans
- Montant financé : 152 000 € frais compris
- Taux nominal : 4,65 %
- TAEG : environ 5,25 % (usure 5,40 %)
- Fin de prêt à 72 ans
Résultat
- Mensualité unique : 973,98 €
- Endettement : 19,5 %
- Coût total : environ +58 600 €
Exemple illustratif, chiffres arrondis. Mensualité hors assurance, calculée au taux nominal indiqué ; frais de dossier, honoraires et indemnités de remboursement anticipé inclus dans le montant financé et dans le TAEG.
Thierry sécurise le budget du foyer pendant que l’activité se redresse, mais l’allongement d’environ 8 ans coûte cher : ce montage ne se justifie que si la baisse de mensualité est réellement nécessaire.

Documents à fournir selon votre statut
La liste exacte varie selon le prêteur. En plus des pièces communes détaillées dans notre guide des documents à fournir pour un rachat de crédit, tout indépendant prépare :
Ses 2 ou 3 derniers avis d’imposition
Les relevés de ses comptes bancaires personnels sur les derniers mois (souvent 3)
Les tableaux d’amortissement ou derniers relevés de chaque crédit à regrouper
L’attestation de vigilance URSSAF ou une attestation de cotisations à jour
Les relevés du compte professionnel sur les derniers mois et la liste des prêts professionnels en cours
S’y ajoutent les pièces propres à votre statut :
| Statut | Pièces spécifiques |
|---|---|
| Micro-entrepreneur | Déclarations de chiffre d’affaires à l’URSSAF des 2 ou 3 dernières années, avis de situation Insee, parfois un justificatif comptable |
| Artisan ou commerçant au régime réel (BIC) | 2 ou 3 dernières liasses fiscales (2031 et annexes 2033 ou 2050), bilans, extrait Kbis ou avis de situation Insee |
| Profession libérale (BNC) | 2 ou 3 dernières déclarations 2035, justificatif d’inscription à l’ordre le cas échéant |
| Gérant ou président de société | 2 ou 3 derniers bilans de la société, extrait Kbis (Infogreffe), justificatif de rémunération et, le cas échéant, procès-verbal de distribution des dividendes |
| Tous statuts en cas de baisse | Situation comptable de l’année en cours, idéalement visée par l’expert-comptable, et prévisionnel |
Causes de refus propres aux indépendants
Recul insuffisant
Une ancienneté inférieure au minimum du prêteur : 1 à 2 ans en micro-entreprise, 2 ans en libéral, 3 à 5 ans au régime réel ou en société.
Revenus en baisse continue
Une baisse sur 3 exercices consécutifs est souvent éliminatoire ; une seule année en recul fait retenir l’année la plus faible.
Secteur sous vigilance
Hôtellerie, cafés, restauration, événementiel, et parfois transport ou marchands de biens, chez une partie des prêteurs.
Comptes mélangés
Sans séparation nette entre comptes professionnels et personnels, le prêteur ne peut pas lire vos charges réelles.
Retards URSSAF ou fiscaux
Des cotisations ou impôts non réglés, ou non déclarés, inquiètent le prêteur plus qu’un revenu modeste.
Fonds propres négatifs
Des capitaux propres négatifs au bilan signalent une entreprise qui a consommé plus qu’elle n’a gagné : c’est un motif de refus fréquent, surtout pour un gérant.
Résultat déficitaire
Un exercice en perte, ou un résultat qui ne couvre pas la rémunération du dirigeant, fait douter de la pérennité des revenus.
Mauvais prêteur
Une demande sans garantie chez un prêteur qui ne retient pas les revenus non salariés est vouée au refus : d’où l’intérêt d’un courtier.
Voir aussi les pièges à éviter en rachat de crédit.
Après un refus, un nouveau passage est possible après un délai qui dépend du prêteur, ou plus tôt si un élément nouveau apparaît : nouveau bilan, régularisation, co-emprunteur.
4 questions à vous poser avant de déposer votre demande
Mon activité a-t-elle au moins 1 à 2 ans (micro-entreprise), 2 ans (profession libérale) ou 3 ans (régime réel, société) d’existence ?
Mes revenus des 2 ou 3 dernières années sont-ils stables ou en progression ?
Mes comptes professionnels et personnels sont-ils bien séparés, sans incident récent ?
Suis-je propriétaire d’un bien immobilier ?
Si vous avez répondu oui aux trois premières questions, votre dossier réunit les critères que regardent d’abord les prêteurs, même sans garantie ; la décision reste celle du prêteur. Si vous avez aussi répondu oui à la quatrième, l’éventail de solutions s’élargit nettement.
Rachat de crédit indépendant : étapes et délais
- SimulationUne estimation sans engagement avec notre simulateur de rachat de crédit.
- ÉtudeC-rédit, courtier IOBSP (intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement) immatriculé à l’ORIAS, vous rend son étude sous 24 h, sans engagement.
- Dépôt du dossier100 % en ligne, auprès des prêteurs adaptés de notre panel (dont Creatis, Sygma, CFCAL, My Money Bank).
- Offre de prêtSon délai d’émission dépend du prêteur et du dossier ; en hypothécaire, comptez environ 6 semaines au total, acte notarié compris.
- Délais légaux14 jours de rétractation en crédit à la consommation (aucun versement avant 7 jours après l’acceptation) ; 10 jours de réflexion en crédit immobilier, avec acceptation possible au 11e jour.
- Solde des anciens créditsDirectement par le nouveau prêteur.
L’accompagnement donne lieu à des honoraires de courtage encadrés, qui ne peuvent être perçus qu’après le versement effectif des fonds prêtés (article L519-6 du Code monétaire et financier).
Avantages et limites pour un indépendant
Le regroupement apporte une mensualité unique et plus basse, et une marge de sécurité quand le chiffre d’affaires fluctue. Il peut intégrer une trésorerie additionnelle.
Ses limites sont réelles : l’allongement de la durée augmente le coût total, les frais (dossier, indemnités de remboursement anticipé, garantie) s’ajoutent au capital, et un taux bas déjà obtenu sur un ancien crédit peut être remplacé par un taux plus élevé. Comparez toujours le coût total en euros, et pas seulement la mensualité ou le TAEG.
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FAQ rachat de crédit indépendant
Un auto-entrepreneur peut-il faire un rachat de crédit ?
Oui, dès 1 an d’activité chez certains prêteurs, 2 ans chez la plupart, sur la base du chiffre d’affaires après abattement forfaitaire. Si la micro-entreprise complète un emploi salarié, seul le salaire est souvent retenu.
Quelle ancienneté d’activité faut-il pour un rachat de crédit ?
Cela dépend du prêteur : dès 1 an chez certains pour une micro-entreprise (2 ans chez la plupart), 2 ans pour une profession libérale, 3 à 5 ans au régime réel ou en société. En deçà, le dossier repose sur les revenus d’un co-emprunteur salarié, ou il vaut mieux attendre l’exercice suivant.
Un indépendant sans bien immobilier peut-il obtenir un rachat de crédit ?
C’est rare : un indépendant locataire essuie en général un refus, et un garant ou un nantissement d’assurance-vie ne changent pas la donne. Seul un co-emprunteur salarié en CDI ou fonctionnaire permet parfois d’étudier le dossier. Être propriétaire ouvre en revanche le rachat avec ou sans garantie hypothécaire.
Faut-il obligatoirement un co-emprunteur salarié ?
Pas pour un indépendant propriétaire aux revenus stables et bien documentés, qui peut présenter son dossier seul. Pour un indépendant locataire, en revanche, le co-emprunteur salarié est en pratique la seule piste.
Peut-on inclure un prêt professionnel ou des dettes URSSAF ?
Sans garantie, généralement non. En hypothécaire, certains prêteurs peuvent reprendre des encours professionnels ou des dettes URSSAF sous conditions.
Un retard ou une dette URSSAF bloque-t-il le dossier ?
Une dette URSSAF doit toujours être déclarée. Un échéancier accordé et respecté rassure le prêteur ; un retard non régularisé est souvent bloquant sans garantie. En hypothécaire, sa reprise peut être étudiée selon le prêteur.
Mon salaire de gérant de SARL suffit-il ?
Oui, la rémunération de gérant figurant sur vos avis d’imposition est la base du calcul. Les dividendes ne sont retenus que s’ils sont stables sur plusieurs années, et le prêteur examine aussi les bilans de la société.
Un indépendant paie-t-il un taux plus élevé qu’un salarié ?
Le taux dépend surtout de la durée, de la garantie et de la solidité globale du dossier, pas du statut en lui-même. Moins de prêteurs acceptent les revenus non salariés sans garantie, ce qui réduit la mise en concurrence. Dans tous les cas, le TAEG reste plafonné par le taux d’usure.
Que se passe-t-il si ma dernière année est en baisse ?
Beaucoup de prêteurs retiennent alors l’année la plus faible. Une attestation de votre expert-comptable aide à montrer un redressement ; une baisse continue sur 3 ans reste difficile à financer.
Peut-on obtenir un rachat de crédit en étant hébergé à titre gratuit ?
Oui, l’absence de loyer améliore même le reste à vivre. Les prêteurs demandent en général une attestation d’hébergement et une pièce d’identité de l’hébergeant. Faute de bien immobilier, le regroupement se fait sans garantie.
Combien de temps prend un rachat de crédit pour un indépendant ?
C-rédit rend son étude sous 24 h. La suite dépend du prêteur et de la complétude du dossier ; en hypothécaire, comptez environ 6 semaines.
Ce qu’il faut retenir
- Le rachat de crédit indépendant est possible dès 1 à 2 ans d’activité en micro-entreprise selon les prêteurs, 2 ans en libéral et 3 à 5 ans au régime réel ou en société.
- Le revenu retenu est une moyenne sur 2 ou 3 ans, souvent l’année la plus faible en cas de baisse.
- Micro-entrepreneur : chiffre d’affaires après abattement de 71 %, 50 % ou 34 %.
- Être propriétaire ouvre le rachat hypothécaire, plafonné par l’usure applicable à la destination des fonds (usure immobilière, par exemple 5,40 % à 20 ans et plus, ou 8,56 % pour un projet de consommation).
- Les prêts professionnels restent en général hors périmètre : séparez vos comptes professionnels et personnels.
- Comparez toujours le coût total en euros, pas seulement la mensualité.
Un dossier d’indépendant se gagne sur la préparation : revenus expliqués, comptes clairs, garantie quand elle existe. Comme Léa, Nadia et Thierry, commencez par chiffrer votre situation avec le simulateur, puis recevez une étude sous 24 h. Pour une question précise sur votre statut, contactez un conseiller C-rédit.
Le regroupement de crédits peut entraîner un allongement de la durée de remboursement et une augmentation du coût total du crédit. C-RÉDIT, courtier COBSP, ORIAS n°24002547.
