Rachat de soulte : calcul, financement et démarches avec un crédit en cours (guide 2026)

Vous vous séparez et vous voulez garder la maison ? Vous venez d’hériter d’un bien avec vos frères et sœurs et l’un de vous souhaite le conserver ? Combien verser aux autres, et comment financer cette somme quand un prêt immobilier commun court encore ? Le rachat de soulte est souvent la voie la plus directe pour conserver le bien, mais il se prépare avec des chiffres exacts : la formule de calcul, les vrais frais de notaire (nettement plus bas qu’on ne le lit souvent, depuis 2022) et la mensualité que vous porterez seul ensuite.

Ce guide suit un exemple entièrement recalculé : un bien de 300 000 €, 150 000 € restant dus, une soulte de 75 000 €, puis un regroupement de crédits hypothécaire qui reprend le prêt commun, la soulte, les frais et les crédits à la consommation en une seule mensualité, au seul nom de la personne qui garde le bien. Une variante chiffrée en succession entre héritiers complète le cas de référence.

L’essentiel. Le rachat de soulte permet à un indivisaire (ex-conjoint, héritier) de devenir seul propriétaire d’un bien en versant aux autres une compensation, la soulte. Formule : (valeur actuelle du bien moins capital restant dû) × quote-part de la personne qui cède sa part. Bien de 300 000 €, 150 000 € restant dus, partage à 50/50 : soulte de 75 000 €, et celui qui garde le bien reprend seul le prêt. Frais de notaire de l’acte de partage : environ 7 000 € en divorce ou rupture de PACS (droit de partage à 1,10 % depuis 2022), environ 9 000 € en succession ou entre concubins (2,50 %). Avec un prêt commun en cours, un regroupement de crédits hypothécaire finance en une opération la reprise du prêt, la soulte, les frais et les autres crédits, une fois le divorce prononcé ou la convention déposée au rang des minutes du notaire. Meilleurs taux nominaux affichés par les courtiers au troisième trimestre 2026 : environ 4,4 à 4,65 % sur 20 à 25 ans (grilles du 1er juillet, avant la hausse de la BCE du 10 septembre) ; le TAEG, assurance et frais compris, est plafonné à 5,29 % par le taux d’usure de la Banque de France jusqu’au 30 septembre 2026.

Rachat de soulte : définition et différence avec la licitation

La soulte est la somme qu’un coïndivisaire verse aux autres pour compenser l’attribution d’un bien dont la valeur dépasse ses droits dans le partage. Le cadre est celui de l’indivision (articles 815 et suivants du Code civil) ; la fiscalité relève des articles 746 à 750 du Code général des impôts (CGI). Le rachat de soulte désigne l’opération complète : estimation, calcul, financement, puis acte notarié (état liquidatif en divorce, acte de partage en succession) publié au service de la publicité foncière. Celui qui rachète détient ensuite 100 % du bien et assume seul le prêt en cours.

La licitation, elle, est une vente du bien indivis à un tiers ou à l’un des indivisaires, alors que le rachat de soulte est un partage avec attribution. La différence est fiscale : entre ex-époux ou ex-partenaires de PACS, un acte rédigé comme une licitation est taxé à 2,50 % (article 750 du CGI), quand l’acte de partage avec soulte bénéficie du taux réduit de 1,10 % (réponse ministérielle du Sénat, 2022). Demander à votre notaire un acte de partage plutôt qu’une licitation représente donc une économie réelle.

Des frères et sœurs devant la maison familiale héritée
En succession, le rachat de soulte permet à un héritier de conserver la maison familiale.

Rachat de soulte en divorce, PACS, indivision ou succession

Le mécanisme est le même dans les quatre situations : celui qui garde le bien rachète la part des autres. Ce qui change, c’est la clé de répartition, le taux du droit de partage et la pièce que le prêteur exigera.

SituationClé de répartitionDroit de partagePièce exigée par le prêteur
Divorce (communauté)Moitié chacun, apports corrigés par les récompenses1,10 %Jugement définitif ou convention déposée chez le notaire
Divorce (séparation de biens) ou rupture de PACSQuotes-parts de l’acte d’achat (50/50, 60/40, 70/30)1,10 %Jugement, convention ou acte de dissolution du PACS
Séparation de concubinsQuotes-parts de l’acte d’achat2,50 %Acte d’achat mentionnant les parts
Succession entre frères et sœursParts héréditaires2,50 %Acte de notoriété et projet de partage

Divorce et rupture de PACS

En régime de communauté, le bien acquis pendant le mariage se partage par moitié, même si les contributions ont été inégales. Les apports de fonds propres se règlent à part, par le mécanisme des récompenses (voir plus bas).

En séparation de biens, ou en PACS conclu après le 1er janvier 2007, la répartition suit les quotes-parts inscrites dans l’acte d’achat. La fiscalité est la même qu’en divorce : droit de partage à 1,10 %.

Séparation de concubins : le rachat de soulte en indivision ordinaire

Deux personnes ni mariées ni pacsées qui ont acheté ensemble sont en indivision ordinaire (articles 815 et suivants du Code civil), sauf convention d’indivision signée. Le calcul de la soulte est identique.

Seule différence, et elle pèse : le taux réduit ne s’applique pas. Le droit de partage reste à 2,50 % de l’actif net.

Succession entre frères et sœurs

Au décès d’un parent, les héritiers sont en indivision successorale. Celui qui garde la maison familiale rachète la part des autres, avec un droit de partage de 2,50 %.

  • Le rachat de soulte se combine souvent avec le financement des droits de succession, exigibles dans les 6 mois (article 641 du Code général des impôts).
  • Le paiement fractionné accordé par l’administration fiscale mérite d’être comparé au coût d’un crédit.
  • Pour un héritier retraité, le crédit adossé au patrimoine s’étudie au cas par cas.

Rachat de soulte : le calcul, étape par étape

  1. La valeur actuelle du bien, au jour du partage, jamais le prix d’achat. Pour un bien de valeur élevée, une expertise contradictoire (ou deux estimations d’agences indépendantes) limite le risque de payer une soulte surévaluée.
  2. Le capital restant dû, lu sur le tableau d’amortissement, se déduit de la valeur du bien puisque celui qui garde la maison reprend aussi la dette.
  3. La quote-part de la personne qui cède : 50 % en communauté, la proportion de l’acte d’achat en indivision, la part successorale en héritage.

Exemple de référence : bien estimé 300 000 €, capital restant dû 150 000 €, deux co-emprunteurs à 50/50. Valeur nette = 300 000 moins 150 000 = 150 000 €. Soulte = 150 000 × 50 % = 75 000 €. Celui qui garde le bien verse 75 000 € et reprend 150 000 € de dette. La formule s’ajuste ensuite, dans l’état liquidatif, des récompenses dues à la communauté ou à un époux (apport de fonds propres, articles 1433 et 1469 du Code civil) et des comptes d’indivision de la période de séparation (mensualités payées seul, indemnité d’occupation, articles 815-9 et 815-13).

Vous gardez le bien et rachetez la part des autres. Indiquez la valeur du bien, le capital restant dû et la part de l'autre que vous rachetez (ou directement la soulte chiffrée par le notaire), puis les crédits à la consommation et la trésorerie à intégrer : on calcule la soulte, les frais de l'acte, le montant total et la mensualité selon le régime de taux applicable.

Le bien et la soulte
50 % dans un couple à parts égales. La soulte = (valeur du bien − capital restant dû) × cette part.
À intégrer au financement
Soulte à verser75 000 €
Valeur nette du bien150 000 €
Frais de l'acte de partage estimés6 740 €
Capital restant dû repris à votre nom150 000 €
Montant total à financer231 740 €
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Succession entre frères et sœurs : une variante chiffrée

Succession entre trois frères et sœurs, sans prêt en cours. Maison familiale estimée 240 000 €, trois héritiers à parts égales. Celui qui la conserve rachète deux tiers : 240 000 × 2/3 = 160 000 €, soit 80 000 € à chacun des deux autres. Frais de l’acte de partage : droit de partage 2,50 % (6 000 €), émoluments du notaire (environ 3 470 € TTC), contribution de sécurité immobilière (240 €) et débours (estimation 800 €), soit près de 10 500 €. Sans prêt à reprendre, le financement passe par l’épargne, un prêt immobilier classique ou, pour un héritier retraité ou au profil atypique, un prêt hypothécaire garanti par le bien reçu.

Rachat de soulte à l’amiable ou en cas de désaccord : qui fixe le montant ?

Dans un rachat de soulte à l’amiable, les indivisaires s’accordent sur la valeur et la soulte, et le notaire formalise : 6 à 12 semaines entre le mandat et la signature, à titre indicatif. En cas de désaccord sur le rachat de soulte, le juge aux affaires familiales tranche en divorce et le tribunal judiciaire ordonne un partage judiciaire en succession (expertise, paiement échelonné ou licitation). Ces procédures durent souvent plusieurs années. Un ex-conjoint ne peut pas refuser indéfiniment le partage : nul ne peut être contraint de demeurer dans l’indivision (article 815 du Code civil), et celui qui occupe le logement familial peut demander l’attribution préférentielle (articles 831 et suivants), à charge de soulte.

Maison miniature, documents et calculette pour calculer une soulte
Le calcul de la soulte part de la valeur nette du bien et des parts de chacun.

Frais d’un rachat de soulte : l’essentiel à prévoir

Les frais de notaire du rachat de soulte sont ceux d’un acte de partage, en quatre postes :

  • Le droit de partage (article 746 du CGI), sur l’actif net partagé : 1,10 % en divorce, séparation de corps ou rupture de PACS depuis le 1er janvier 2022 (loi de finances 2020), 2,50 % dans les autres cas.
  • Les émoluments du notaire, tarif de l’article A444-121 du Code de commerce prorogé jusqu’au 29 février 2028 : 4,837 % HT jusqu’à 6 500 €, 1,995 % de 6 500 à 17 000 €, 1,330 % de 17 000 à 60 000 €, 0,998 % au-delà, sur la valeur du bien, plus TVA.
  • La contribution de sécurité immobilière : 0,10 % de la valeur du bien (article 879 du CGI).
  • Les débours et formalités : environ 800 €, à titre d’estimation.
Poste (bien 300 000 €, actif net 150 000 €)Divorce ou rupture de PACSSuccession ou concubins
Droit de partage1 650 € (1,10 %)3 750 € (2,50 %)
Émoluments du notaire (TTC)4 189 €4 189 €
Contribution de sécurité immobilière300 €300 €
Débours et formalités (estimation)800 €800 €
Total frais de notaire du partage≈ 7 000 €≈ 9 000 €
En % de la soulte de 75 000 €9,3 %12 %

Bon à savoir. De nombreux sites affichent encore « droit de partage 2,5 % » ou « frais de notaire de 7 à 8 % de la part rachetée » pour un divorce : ces chiffres datent d’avant la réforme de 2022. Les droits de mutation d’une vente à un tiers, 5,8 à 6,3 % du prix selon le département depuis 2025 (6,32 % en Meurthe-et-Moselle), ne s’appliquent jamais à un rachat de soulte entre ex-époux ou héritiers.

Qui paie ? En divorce, le coût de l’état liquidatif se partage par moitié sauf convention contraire ; en succession, au prorata des parts. En pratique, celui qui rachète supporte aussi l’indemnité de remboursement anticipé (IRA) du prêt commun si un nouveau prêteur le solde, la garantie hypothécaire (1,5 à 2 % du montant garanti, selon les établissements) et la mainlevée de l’ancienne hypothèque (300 à 800 € à titre indicatif).

Les quatre façons de financer un rachat de soulte

  1. Payer la soulte comptant. Épargne, produit d’une assurance-vie, prestation compensatoire compensée : c’est le rachat de soulte sans crédit. Il ne règle pas le sort du prêt commun, qui doit encore être désolidarisé ou remboursé.
  2. Un nouveau prêt immobilier classique, souscrit seul. Il solde le prêt commun et paie la soulte lorsque le revenu le permet largement : cette production nouvelle est soumise au taux d’effort de 35 % du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF). Sur un seul revenu, avec un prêt en cours et une soulte à financer, ce cas reste minoritaire. Si le prêt commun est cautionné (caution mutuelle de type Crédit Logement), la caution doit accepter la désolidarisation ; lorsqu’un nouveau prêteur rembourse le prêt, elle prend fin et une partie de la contribution initiale au fonds mutuel de garantie peut être restituée.
  3. Un prêt hypothécaire, sans reprise de crédits. Adapté à l’héritier retraité ou au profil atypique (indépendant, revenus irréguliers) qui doit financer une soulte sur un bien sans dette : la garantie repose sur le bien, l’analyse sur le reste à vivre et la valeur du patrimoine.
  4. Le regroupement de crédits hypothécaire. La solution la plus fréquente dès qu’un prêt commun court encore et que des crédits à la consommation s’ajoutent : une seule opération, une seule mensualité, un seul emprunteur. C’est l’objet des sections suivantes.

Et le PTZ ou le PAS ? Un prêt à taux zéro (PTZ) ou un prêt d’accession sociale (PAS) est attaché à l’emprunteur et à sa résidence principale : il ne se transfère pas à un nouveau prêteur et n’entre pas tel quel dans un regroupement. Si l’opération solde le prêt commun, le PTZ ou le PAS est remboursé en même temps et son avantage disparaît ; il ne se conserve qu’avec l’accord de l’établissement d’origine, dans le cadre d’une désolidarisation. Le coût de cette perte se chiffre et entre dans la comparaison des scénarios.

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Rachat de soulte avec un prêt immobilier en cours : le regroupement hypothécaire

Tant que le prêt commun n’est pas désolidarisé, les deux ex-conjoints restent tenus de la totalité de la dette en vertu de la clause de solidarité du contrat de prêt signé à deux (articles 1310 et suivants du Code civil), que le jugement de divorce ne fait pas disparaître : il n’est pas opposable à la banque. Pour retirer un co-emprunteur, l’établissement d’origine réétudie la solvabilité de celui qui reste, avec le repère de 35 % de taux d’effort du HCSF. Sur un seul revenu, avec la soulte à financer, la réponse est fréquemment négative, ou assortie de frais d’avenant (500 à 1 500 € selon les établissements) et de plusieurs mois de délai.

Le rachat de crédit hypothécaire prend alors le relais. Un prêteur spécialisé rembourse le prêt commun (ce qui libère l’ex-conjoint sans avenant), verse la soulte au notaire, finance les frais de partage et reprend les crédits à la consommation en cours. Le tout est garanti par une hypothèque sur le bien conservé et donne une seule mensualité, au seul nom de la personne qui garde la maison. Ce regroupement relève du crédit immobilier à double titre : il est garanti par une hypothèque (article L314-12 du Code de la consommation) et la part immobilière, prêt repris et soulte, dépasse 60 % du montant financé (articles L314-11 et R314-18), environ 85 % dans notre exemple. Conséquences : offre de prêt, délai de réflexion de 10 jours, acte notarié et taux d’usure immobilier.

Ce que les prêteurs spécialisés exigent sur une soulte

  • Aucune intervention pendant un divorce en cours : jugement définitif, ou convention de divorce par consentement mutuel signée et déposée au rang des minutes du notaire (article 229-1 du Code civil).
  • Une garantie hypothécaire : sans garantie, le financement d’une soulte est refusé ou limité à quelques dizaines de milliers d’euros.
  • Emprunter seul et détenir 100 % du bien à l’issue, sur justificatif (projet d’état liquidatif ou jugement) ; les fonds sont virés au notaire et la soulte payée en totalité le jour de la signature.
  • Une soulte traitée comme une ligne immobilière chez la plupart, parfois plafonnée à 60 % du montant financé, plus rarement comme une trésorerie ; quelques prêteurs la refusent.

Simulation de rachat de soulte : l’exemple de Nathalie à Nancy

Nathalie, 47 ans, cadre de santé à Nancy, 3 800 € net par mois, divorce par consentement mutuel ; son ex-mari gagnait 2 900 € net. Le couple avait emprunté 230 000 € en 2023 à 3,80 % sur 25 ans (mensualité 1 189 €), puis remboursé 60 000 € par anticipation en 2025 grâce à un héritage, en conservant la mensualité : il reste environ 150 000 € dus. S’y ajoutent deux crédits à la consommation, 25 000 € restant dus pour 520 € par mois. La maison est estimée 300 000 €, la soulte due à son ex-mari s’élève à 75 000 €. Nathalie perçoit 400 € de pension alimentaire pour leurs deux enfants. Une désolidarisation simple n’est pas envisageable sur un seul revenu avec la soulte à financer. Le montage étudié, garanti par une hypothèque sur la maison :

Poste financéMontant
Capital restant dû du prêt commun150 000 €
Soulte versée à l’ex-conjoint75 000 €
Frais de notaire du partage7 000 €
IRA sur le prêt commun (plafond légal : 6 mois d’intérêts, dans la limite de 3 % du capital)2 850 €
Crédits à la consommation repris25 000 €
Frais de garantie hypothécaire (1,5 %) et de dossier (1 %)≈ 6 500 €
Total à financer≈ 266 000 €

Au troisième trimestre 2026, les meilleurs taux nominaux affichés par les comparateurs pour un rachat hypothécaire sur 20 à 25 ans se situent entre 4,38 % et 4,65 % (profils excellents) et autour de 4,84 % pour un très bon profil, sur des grilles publiées au 1er juillet, avant la hausse de la BCE du 10 septembre. Au-delà, le TAEG (taux annuel effectif global, assurance et frais inclus) bute sur le taux d’usure immobilier à 20 ans et plus, fixé par la Banque de France à 5,29 % jusqu’au 30 septembre 2026. Avec un taux nominal de 4,65 % et une assurance à 0,30 % par an du capital emprunté (environ 67 € par mois après, 58 € par mois avant sur les 230 000 € initiaux) :

CritèreAvant (le couple)Après, 20 ansAprès, 25 ans
Nombre de crédits311
Emprunteurs2, solidairesNathalie seuleNathalie seule
Mensualité hors assurance1 709 €1 704 €1 501 €
Mensualité assurance incluse≈ 1 767 €≈ 1 771 €≈ 1 568 €
Revenus retenus6 700 € (3 800 + 2 900)4 200 € (3 800 + 400)4 200 € (3 800 + 400)
Taux d’endettement26 %42 %37 %
Reste à vivre après crédit4 933 €2 429 €2 632 €
Propriétaire du bien50/50Nathalie à 100 %Nathalie à 100 %

Seule la version sur 25 ans tient : 37 % d’endettement avec la pension, 41 % sans elle, et un reste à vivre de 2 632 € pour une mère de deux enfants. Les opérations de regroupement de crédits sont exclues du champ de la décision du HCSF du 29 septembre 2021, qui vise la production nouvelle de crédits immobiliers : le prêteur reste tenu d’évaluer la solvabilité (article L313-16 du Code de la consommation), mais raisonne en reste à vivre plutôt qu’en taux d’effort de 35 %, ce qui rend le dossier finançable là où une désolidarisation classique échoue. Sur 25 ans à 4,65 %, les intérêts atteignent environ 184 000 € : Nathalie ne gagne pas d’argent, elle transforme une dette solidaire en un bien qui lui appartient, avec une mensualité qu’elle peut porter seule. Testez votre propre situation avec le simulateur de rachat de soulte, gratuit et sans engagement.

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Banque spécialisée ou courtier : à qui confier un rachat de soulte ?

Les prêteurs spécialisés qui financent une soulte ne reçoivent pas en agence : ils travaillent par l’intermédiaire de courtiers immatriculés à l’ORIAS (registre des intermédiaires en assurance, banque et finance), chacun avec ses règles (part immobilière maximale, plafond de prêt sur la valeur du bien, âge en fin de prêt). Le montage de Nathalie mobilise 266 000 € sur un bien de 300 000 €, soit 89 % de sa valeur, au-dessus de la limite habituelle de 70 à 80 % selon les établissements. Le courtier peut laisser les crédits à la consommation hors du montage (environ 241 000 € financés, 80 % de la valeur, 1 360 € par mois sur 25 ans à 4,65 %) ou mobiliser une épargne.

4 questions à vous poser avant un rachat de soulte par regroupement

  • Le divorce est-il prononcé, ou la convention de consentement mutuel déposée au rang des minutes du notaire ?
  • Le total à financer (capital restant dû + soulte + frais) reste-t-il sous 80 % de la valeur estimée du bien ?
  • Votre reste à vivre après la nouvelle mensualité couvre-t-il durablement le foyer, pension et garde comprises ?
  • Avez-vous comparé avec la vente du bien et le partage du prix, sans dette supplémentaire ?

Si vous avez répondu oui aux trois premières, le dossier mérite une étude. Si la quatrième vous fait hésiter, l’étude sert justement à chiffrer les deux options côte à côte.

Refus de financement ou soulte trop élevée : les alternatives

  • Paiement échelonné de la soulte : 2 à 3 mois usuels si l’acte le prévoit, échéancier plus long possible par accord, souvent avec intérêts au taux légal. Les prêteurs spécialisés, eux, exigent le paiement intégral à la signature.
  • Réduire la soulte : compensation avec la prestation compensatoire ou d’autres biens du partage, abandon partiel de part, attribution préférentielle (articles 831 et suivants du Code civil).
  • Un co-emprunteur ou une caution : un nouveau conjoint co-emprunteur (qui devient alors copropriétaire ou co-débiteur, à formaliser chez le notaire) ou la caution d’un parent renforce un dossier limite ; tous les prêteurs n’acceptent pas une caution personnelle sur un regroupement hypothécaire, le courtier oriente vers ceux qui l’admettent.
  • Rester en indivision par une convention notariée (durée jusqu’à 5 ans renouvelable, article 1873-3 du Code civil), par exemple jusqu’à la majorité des enfants.
  • Vendre et partager le prix, la solution sans dette nouvelle. La vente à réméré existe mais reste coûteuse et de dernier recours. Un fichage FICP (Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers) ou un surendettement ne se règle pas par un rachat de soulte : les pages consacrées au rachat de crédit en cas de fichage FICP et au surendettement décrivent les voies réellement ouvertes, sans qu’aucun établissement ne garantisse un accord.
Clé de maison posée sur des documents à côté d’un stylo
La signature de l’acte de partage intervient une fois le financement sécurisé.

Les étapes et le calendrier réaliste

  1. Estimation du bien (quelques semaines) et accord sur la soulte.
  2. Jugement définitif ou convention déposée au rang des minutes du notaire ; acte de notoriété en succession. Sans cette pièce, aucun prêteur spécialisé n’instruit.
  3. Projet d’état liquidatif ou de partage, justificatif de la soulte pour le prêteur.
  4. Étude de financement (chez C-rédit, réponse de principe sous 24 h), puis instruction par le prêteur (plusieurs semaines), offre de prêt et délai de réflexion de 10 jours.
  5. Signature chez le notaire : le même acte organise le remboursement du prêt commun, la nouvelle hypothèque, le paiement de la soulte et la publicité foncière.

Comptez, à titre indicatif, 6 à 12 semaines pour un partage amiable sans financement et 4 à 9 mois avec un regroupement. Les dossiers C-rédit se traitent entièrement en ligne, avec signature électronique, que vous soyez à Nancy, à Metz ou ailleurs en France.

Bon à savoir. La Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux directeurs de 0,25 point le 10 septembre 2026 et l’OAT à 10 ans (taux d’emprunt de l’État français) évolue autour de 4,4 à 4,5 % à la mi-septembre. Les grilles de rachat hypothécaire publiées au 1er juillet seront probablement relevées au 1er octobre : un dossier complet se signe plus vite et fige son taux plus tôt.

Ce qu’il faut retenir

  • Soulte = (valeur du bien moins capital restant dû) × quote-part cédée, corrigée des récompenses et des comptes d’indivision : 75 000 € pour un bien de 300 000 € avec 150 000 € restant dus à 50/50.
  • Droit de partage à 1,10 % en divorce ou rupture de PACS depuis 2022 (2,50 % en succession ou entre concubins), à condition de signer un acte de partage et non une licitation.
  • Quatre modes de financement : comptant, nouveau prêt immobilier classique, prêt hypothécaire, regroupement hypothécaire ; ce dernier reprend prêt, soulte, frais et autres crédits au seul nom de celui qui garde le bien et libère l’ex-conjoint sans avenant.
  • Aucun prêteur spécialisé n’intervient pendant un divorce en cours : jugement définitif ou convention déposée au rang des minutes du notaire d’abord.
  • Le dossier est analysé en reste à vivre, mais l’allongement sur 25 ans augmente le coût total des intérêts : comparez toujours avec la vente du bien.

FAQ : vos questions sur le rachat de soulte

Comment se calcule la soulte en cas de séparation ?

On part de la valeur actuelle du bien, on déduit le capital restant dû, puis on multiplie par la quote-part de la personne qui cède : 50 % en communauté, la proportion de l’acte d’achat en indivision. Exemple : (300 000 € moins 150 000 €) × 50 % = 75 000 €. Le résultat s’ajuste ensuite des récompenses et des comptes d’indivision.

Quelle est la différence entre rachat de soulte et licitation ?

Le rachat de soulte est un partage avec attribution ; la licitation est une vente du bien indivis. Entre ex-époux ou ex-partenaires de PACS, l’acte de partage avec soulte est taxé à 1,10 %, la licitation à 2,50 % ; vendu à un tiers, le bien supporte les droits de vente, environ 5,8 à 6,3 % selon le département.

Qui décide du montant de la soulte, et l’ex-conjoint peut-il refuser ?

Les indivisaires eux-mêmes, à l’amiable, sur la base d’une estimation ; le notaire formalise l’accord. En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales (divorce) ou le tribunal judiciaire (succession) tranche, éventuellement après expertise. Un ex-conjoint peut refuser votre offre, pas le partage lui-même : nul n’est tenu de rester dans l’indivision (article 815 du Code civil), et l’attribution préférentielle du logement peut être demandée au juge, à charge de soulte.

Quels sont les frais d’un rachat de soulte et qui les paie ?

Droit de partage (1,10 % de l’actif net en divorce ou rupture de PACS, 2,50 % en succession ou entre concubins), émoluments du notaire (environ 4 189 € TTC pour un bien de 300 000 €), contribution de sécurité immobilière (0,10 %) et débours (environ 800 €) : près de 7 000 € en divorce, 9 000 € en succession. En pratique, celui qui rachète les supporte, avec les frais de garantie et l’éventuelle IRA.

Quel est le délai pour payer la soulte chez le notaire ?

La soulte est exigible le jour de la signature de l’acte de partage. Les parties peuvent convenir d’un délai de 2 à 3 mois, voire d’un échéancier plus long avec intérêts au taux légal. Avec un prêteur spécialisé, les fonds sont virés au notaire et la soulte réglée en totalité à la signature.

Un rachat de soulte est-il imposable ?

Non dans le cadre d’un divorce, d’une rupture de PACS ou d’une succession : le partage est déclaratif, la soulte ne supporte pas de droits de mutation (article 748 du CGI), la plus-value n’est pas taxée (article 150 U, IV du CGI) et la soulte reçue n’est pas un revenu imposable. Entre concubins, la part rachetée est traitée comme une cession, exonérée si le bien est la résidence principale du cédant.

Comment ne pas payer de soulte ?

Par compensation avec un autre élément du partage (prestation compensatoire, épargne, véhicule), par abandon ou donation de sa part par l’autre indivisaire, ou par maintien en indivision avec une convention notariée. À défaut, vendre et partager le prix reste la solution sans soulte ni dette : nul n’est tenu de rester en indivision (article 815 du Code civil).

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Mathieu Morel, courtier en rachat de crédit

Rédigé et vérifié par Mathieu Morel

Mis à jour le · Publié le

Courtier en opérations de banque et en services de paiement (COBSP), immatriculé à l'ORIAS sous le n° 24002547 et contrôlé par l'ACPR. Fondateur de C-rédit, cabinet de courtage 100 % en ligne basé dans la métropole de Nancy.

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